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Willy Ronis - le 12/06/2018 : 17:53 par Hta
 


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Willy Ronis - Le Café de France l'Isle-sur-la-Sorgue, 1979.

 



Willy Ronis par Willy Ronis

 

13 ans après la grande rétrospective proposée par la Ville de Paris à l’Hôtel de ville, une nouvelle exposition « Willy Ronis » nous permet de revoir les photographies de ce grand artiste décédé à Paris, en 2009, à l’âge de 99 ans.
Elle se tient dans le XXe arrondissement, au Carré de Baudoin, édifice datant du XVIIIe, situé rue de Ménilmontant. Ancienne « folie », héritée, en 1770, par Nicolas Carré de Baudoin qui y ajouta une façade palladienne avec des colonnes de style ionique et où les frères Goncourt passèrent une partie de leur enfance. Les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul y fondèrent un orphelinat, puis un centre médico-social avant d’y abriter un foyer pour jeunes travailleurs. Racheté par la Ville de Paris en 2002, ce lieu est devenu un espace culturel depuis 2007.

Willy Ronis est un enfant du 9e arrondissement où il passa son enfance et une partie de sa jeunesse. Né à Paris en 1910, il était issu de ce qu’il appelait lui-même, « la petite bourgeoisie besogneuse ». D’une mère lituanienne, professeur de piano, et d’un père originaire d’Odessa, juifs tous les deux, ils quittèrent leurs pays pour échapper aux pogroms. Une fois mariés, ils s’installèrent Cité Condorcet où Willy passa plus de vingt ans.


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Willy Ronis - Autoportrait au violon - Cité Condorcet, 1929.
 

Son père travaillait déjà dans la photographie en Ukraine. Arrivé à Paris, il fut d’abord retoucheur de clichés chez un photographe avant d’ouvrir son propre magasin. Le rêve de Willy Ronis, initié au violon dès l’âge de 7 ans, était de devenir compositeur ; très tôt il se passionna pour la musique classique et pour le jazz ainsi que pour la photo d’art.

À son retour du service militaire, en 1932, son père malade lui demanda de l’aider à la boutique (il faisait essentiellement des photos d’identité et couvrait des événements : baptêmes, mariages…) car la situation économique d’alors ne lui permettait pas d’engager un ouvrier, il accepta par amour pour son père mais n’aima pas ce type de travail. À la mort de son père, en 1936, il dût se défaire du magasin et subvenir aux besoins de sa mère et de son frère, c’est alors que commença sa carrière de photographe d’art.


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Willy Ronis - Rose Zehner, usines Citroën, 1938.
 

1936, année du Front Populaire, Willy Ronis dont les sympathies politiques furent toujours de gauche (il devint membre du Parti Communiste après la guerre, distribuant des tracts, collant des affiches, vendant l’Humanité jusqu’en 1965, date à laquelle il quitta le parti) sans jamais, dit-il, avoir la foi du militant. Cependant, tout au long de sa vie, il manifesta de l’empathie pour le monde ouvrier et certaines de ses photos les plus célèbres montrent des défilés d’ouvriers dans les rues, des occupations d’usines (Rose Zehner, déléguée syndicale aux usines Citroën), un 14 juillet avec une petite fille au bonnet phrygien…


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Willy Ronis - Pendant le défilé de la victoire du Front Populaire, 1936.
 

Il signa des contrats avec la SNCF, Air France, les revues Regards, Time, Life, le Monde Illustré et rencontra très tôt des photojournalistes célèbres (Robert Capa et David Seymour) dont il admira la liberté d’expression.
En 1941, une fois la mention « juif » apposée à son passeport, il décida de quitter Paris pour gagner la zone libre où il délaissa provisoirement la photographie pour devenir décorateur de studio et régisseur de théâtre.
En 1946, il épousa Marie-Anne Lansiaux, une artiste-peintre ; c’est elle qui posa pour son « nu » le plus célèbre (« Nu Provençal, Gordes » 1949) qui rappelle les nus de Pierre Bonnard.


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Willy Ronis - Nu provençal, Gordes, 1949.
 

Après la guerre, il reprit sa carrière de photographe et travailla entre autres pour l’Agence Rapho mais souhaitant, à tout prix, conserver sa liberté, il cessa de travailler pour eux afin de pouvoir choisir les personnes auxquelles ses clichés étaient vendus et éviter que certaines revues n’en changent les légendes ou ne les retouchent.

Son œuvre est d’une grande diversité comme l’indiquent les titres donnés aux différentes sections de l’exposition : « les Débuts », « Autoportraits », « Nus », « Monde Ouvrier », « Province », « l’Ailleurs », « Paris », « l’Intime » et bien sûr, les photos de Belleville-Ménilmontant , sur lesquelles s’ouvre l’exposition. Ayant maintes fois entendu dire que ce quartier était celui du milieu, des Apaches et des prostituées et donc infréquentable, ce n’est qu’en 1947 qu’il le découvre. De nombreuses photos prises dans ce « village » montrent un Paris ancien, un peu semblable au Paris d’Atget, avec ses vielles échoppes, ses carrioles tirées par des chevaux, ses marchands de quatre-saisons, ses vieux bistrots, son vitrier, ses enfants déguenillés.


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Willy Ronis - Le petit Parisien, 1952.
 

C’est non sans nostalgie qu’on regarde ce Paris aujourd’hui disparu mais qui a séduit des générations d’artistes de toutes nationalités. Elles montrent une classe ouvrière solidaire dans une société qui croyait en un monde meilleur, même si elles laissent parfois transparaître une certaine solitude et un sentiment d’amertume.


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Willy Ronis - Avenue Simon Bolivar depuis la rue Barrelet-de-Riccou,1950.
 

Plusieurs vidéos projetées au cours de l’exposition et dans l’auditorium nous montrent Willy Ronis expliquant sa façon de photographier, de cadrer les personnages, son trac, son angoisse en rentrant chez lui pour développer ses photos et avec une grande humilité, il explique combien le facteur chance est important dans son art : il donne pour exemple la photo d’une femme et de son enfant, prise du haut de l’ escalier de la rue Barrelet-de-Ricou, au moment même où se trouvaient là une charrette arrêtée aux  feux tricolores et  un ouvrier juché sur une échelle qui réparait les feux ; pour la péniche aux enfants, il reconnaît avoir été sur le point de ranger son appareil photos, après avoir pris un train de péniches au moment où il aperçut dans son viseur des enfants en train de jouer dans la dernière péniche, événement inattendu.


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Willy Ronis - La Péniche aux enfants, 1959.
 

Lorsqu’il évoque, dans les films, l’inattendu, l’inespéré, la photo qui, au développement, révèle quelque chose que l’œil n’avait pas perçu à la prise de vue, on en apprend beaucoup sur l’homme, son humanité, son amour du prochain et sa technique.


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Willy Ronis - Autoportrait aux flashes, 1951.
 

Willy Ronis classé parmi les photographes humanistes tout comme Doisneau, Izis, Boubat, Cartier-Bresson, a fait une de ses dernières apparitions publiques aux Rencontres d’Arles en 2009, espérant une grande rétrospective de son œuvre, en 2010, pour fêter ses 100 ans mais il est mort quelques mois auparavant, après avoir légué par deux donations (en 1983 et 1989) la plupart de ses clichés et négatifs à l’Etat français. L’ensemble a été confié à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine qui conserve les fonds photographiques de l’État.

 

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Pavillon Carré de Baudoin
121, rue de Ménilmontant
75020 Paris

Ouvert du mardi au samedi
De 11 h à 18 h
Jusqu’au 29 septembre 2018
 

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Hélène TANNENBAUM

© 9ème Histoire 2018


 

Réalisation: ParC Design

Masques - façade de l'Opéra Garnier
© D. Bureau


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