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Klimt à l'Atelier des Lumières - le 10/09/2018 : 09:00 par EFo


Frise_Beethoven_2.jpg
G. Klimt - 1902 - Extrait de la Frise Beethoven © Palais de la Sécession Vienne

 


Gustav Klimt à l’Atelier des Lumières
Une immersion dans l’art et la musique

 

Si vous êtes plutôt adepte des visites d’expositions conventionnelles, la présentation de l’œuvre de Gustav Klimt (1862-1918) adoptée par ce nouveau lieu qu’est l’Atelier des Lumières, 38, rue Saint-Maur dans le 11e arrondissement, a de quoi vous surprendre !

Il s’agit en effet ici d’un véritable spectacle mettant en scène l’œuvre éclatante de couleurs de l’artiste grâce à des moyens numériques sophistiqués intégrant l’image et le son. Le résultat est étonnant et rappelle les sensations que l’on peut éprouver aussi aux Baux de Provence à l’intérieur des anciennes et monumentales carrières de pierre où Culturespaces, également propriétaire du lieu, propose des spectacles de même nature.


Plichon.jpg
 

Cette adresse nouvelle parisienne située dans le quartier Popincourt est tout aussi surprenante puisqu’il s’agit d’une ancienne fonderie, dissimulée aujourd’hui derrière une façade d’un immeuble assez banal de logements des années soixante. Cette usine créée par les frères Plichon en 1835 a fabriqué avec succès durant cent ans des pièces de fonte utilisées par la marine de guerre et des pièces de locomotive à vapeur mais dont la crise de 1929 aura finalement raison.
Ce bel exemple d’architecture industrielle parisienne d‘une époque révolue présente toujours sa grande tour de séchage et sa cheminée, son ancien four, et même son bassin de décantation toujours en eau ! Seul un escalier menant à une mezzanine a été rajouté pour donner au spectateur une plus grande vue d’ensemble.


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La Fonderie Plichon en activité, rue St Maur.
 

Après une sérieuse réhabilitation qui a toutefois permis de conserver les hauts murs de brique et le sol laissé brut, le lieu a donc changé de vocation et présente aujourd’hui des expositions multimédias en exploitant l’immense espace disponible. Il s’agit en effet d’une véritable expérience nouvelle en matière d’appréhension de la création artistique, que les concepteurs qualifient de véritable immersion dans l’univers d’un artiste, permis par la projection du sol au plafond d’œuvres mises en mouvement qui se renvoient d’une surface à une autre, complétée par un riche environnement musical.


Atelier.jpg
Vue 3 D de l'Atelier des Lumières.
 

Le spectateur est alors au cœur-même d’un espace où il peut librement déambuler et où ses propres mouvements font en quelque sorte partie intégrante de l’exposition. Car ici, contrairement aux salles de spectacle habituelles équipées de fauteuils, l’espace est vide de tout aménagement : libre au spectateur de s’asseoir à même le sol ou de se déplacer d’un endroit à un autre de la halle. Il ne faut pas s’attendre non plus à lire des informations sur l’artiste ou sur l’œuvre elle-même, via les cartels ou les panneaux présents normalement dans les espaces d’expositions …
Ici l’immersion dans l’œuvre de
Klimt est complète par la profusion d’images fixes ou en mouvement qu’accentue une bande son très soignée, qui va de Beethoven à Philip Glass en passant par Wagner et Strauss.
 


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G. Klimt - 1912 - Maison du garde forestier

 

Les dirigeants de L’Atelier des Lumières ont en effet choisi l’œuvre foisonnante de l’artiste viennois Gustave Klimt pour inaugurer ce lieu, mise en scène par une équipe artistique italienne.

Le spectacle suit sensiblement la chronologie créative de Klimt dont les premières œuvres à caractère néoclassique élaborées avec son ami Franz Matsch et son propre frère, sont consacrées dans les années 1880 -1890 à la décoration d’espaces publics (musée ou théâtre). Le principe de présentation adopté ici ne permet cependant pas au spectateur de faire facilement la distinction entre les œuvres, faute d’informations données sur les artistes représentés. C’est sans doute un peu là une limite de ce mode de présentation.  Mais l’Atelier des Lumières se prête en revanche au mieux pour montrer ces grandes fresques où l’inspiration allégorique domine, éloignée de l’académisme qui prévalait auparavant, reflet au contraire du mouvement symboliste de cette époque qu’adopte alors l’artiste. 
 

Le montage vidéo illustre ensuite le mouvement qui, en Autriche à la fin du XIXe siècle, va répondre à celui de l’Art Nouveau en France, la Sécession viennoise, que fonde Klimt à travers son journal Ver Sacrum (Printemps sacré) et dont on voit quelques illustrations. Impressionnante notamment la représentation, sur trois murs de la salle, de la célèbre Frise Beethoven (longue de 34 m !) illustrant la neuvième symphonie, qui préfigure sa période dorée, si caractéristique du style de l’artiste viennois. L’ensemble est magnifié par l’écoute de l’Hymne à la joie orchestré par Richard Wagner.
 


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G. Klimt - 1907 - Champs de coquelicots - © Österreichische Galerie Belvedere Vienne.
 

On peut noter également le talent de paysagiste de Gustav Klimt qui marque une nouvelle étape de son évolution artistique où il réinvente une sorte de néo-impressionnisme avec des tableaux aux effets pointillistes marqués, tels La maison du garde forestier, ou Le champ de coquelicots. La représentation étirée du tableau Forêt de hêtres l’entraine même presque vers l’abstraction.

La transition avec la peinture d’Egon Schiele qui apparait soudainement sur les murs est alors quelque peu brutale et pas forcément compréhensible (car encore une fois le nom du jeune artiste n’est pas mentionné ici explicitement !), et on peut ignorer les relations de maitre à élève qui les ont unis peu avant 1910 (Schiele avait trente ans de moins que Klimt) … Quel contraste alors de voir ces corps contorsionnés (Autoportrait avec la tête penchée), le trait haché du peintre traduisant son angoisse profonde, si éloigné de l’univers apaisé de Gustav Klimt.
 


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G. Klimt - 1907/1908 - Le baiser - © Österreichische Galerie Belvedere Vienne.
 

Apparaissent enfin les œuvres qui vont faire la gloire de l’artiste autrichien dans les années 1900 avec ces tableaux de femmes fatales représentées sur ce fameux fond d’or rappelant les icônes byzantines. Quelle intense sensualité se dégage en effet de tableaux comme celui du Baiser ou du Portrait d’Adèle Bloch-Bauer ! L’effet est encore plus fort avec l’écoute simultanée d’un des Quatre derniers Lieder de Richard Strauss.
 


La projection d’une durée d’un peu plus de trente minutes se termine alors pour laisser place à une évocation plus rapide de l’architecte viennois Hundertwasser (1928-2000), Sur les pas de la Sécession viennoise, où la même équipe artistique italienne utilise le numérique pour animer une cité en mouvement toute en ondulations et en association de couleurs.


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G. Klimt - 1907 - Portrait d'Adèle Bloch-Bauer - © Neue Galerie New-York
 

Au total un spectacle qui peut surprendre par son traitement purement visuel et sonore mais d’une force incontestable !  

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L'ATELIER DES LUMIERES
38, rue Saint-Maur
75011 Paris

Ouvert du lundi au jeudi
de 10 h à 18 h
Vendredi et samedi nocturnes jusqu'à 22 h
Dimanche ouvert jusqu'à 19 h.

 

Jusqu’au 11 novembre 2018
 

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Emmanuel FOUQUET

© 9ème Histoire 2018


 

Réalisation: ParC Design

Synagogue de la rue Buffault.

© 9ème Histoire 2001-2018