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La Collection Bührle - le 20/05/2019 : 15:25 par HTa

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  Monet  -  Champ de coquelicots près de Vétheuil  -  1879 - © collection E. Bührle
 


La Collection Emil Bührle
 


Au moment même où le Mémorial de la Shoah présente une exposition sur « le Marché de l’Art pendant l’Occupation » (1) montrant que, durant les difficiles années de guerre, le marché de l’Art avait été florissant et mettant en relief les spoliations dont les marchands d’Art ou simples collectionneurs juifs avaient été l’objet, le Musée Maillol, présente une collection ayant appartenu à Emil Bührle dont il convient de rappeler le rôle pendant la seconde guerre mondiale.

Emil Bührle naquit en Allemagne en 1890 ; il fit des études de lettres et d’art à Fribourg puis à Munich. C’est au cours d’un séjour à Berlin qu’il découvrit la peinture impressionniste française.

Il fut incorporé dans l’armée allemande de 1914 à 1918 ; à l’issue de la guerre il épousa la fille d’un banquier, Charlotte Schalk et grâce à son beau-père, il intégra une usine de machines-outils à Magdebourg ; lors d’un séjour à Zurich, il acheta le brevet d’un canon qui servit au réarmement de l’armée allemande, interdit pourtant par le Traité de Versailles signé en 1919.
 


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Renoir  -  Portrait de Mademoiselle Irène Cahen d'Anvers  - 1880 © collection E. Bührle
 

Il s’installa en Suisse où il obtint la nationalité helvétique ; dès lors il se mit à collectionner des œuvres d’art acquises auprès de galeristes de Lucerne et de Zurich. Ses affaires prospérèrent et il devint propriétaire de l’usine de machines-outils Oerlikon Bührle & Co. Tout en participant au réarmement allemand, il fournit des armes à la France et à la Grande-Bretagne jusqu’en 1939 pour se consacrer ensuite à l’armement de la Wehrmacht. En 1945, son usine figura sur la liste noire des alliés au titre de la collaboration ce qui ne l’empêcha pas de reprendre ses ventes avec les États-Unis quelques années plus tard.

Si le Musée Maillol insiste, dans une salle de l’exposition consacrée à l’origine et  à la constitution de la collection, sur le fait qu’une grande partie des œuvres avait été achetée par l’industriel entre 1950 et 1956, elle a néanmoins commencé avant la guerre et s’est largement enrichie durant la guerre (76 œuvres furent acquises sur le marché de l’art suisse entre 39 et 45, certaines d’entre elles étant issues du pillage des collections juives françaises par les nazis ; Bührle dit avoir fait confiance à ses marchands qui lui vendirent ces œuvres).
 


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Corot  -  La Liseuse  - 1845-1850  © collection E. Bührle
 


Lorsqu’en 1948, un tribunal suisse exigea la restitution d’œuvres spoliées en France et transférées en Suisse, 13 furent répertoriées chez Bührle. Il dût les restituer et sur ces 13 tableaux, il en racheta 9 à leurs légitimes propriétaires (dont le galeriste Paul Rosenberg). Il intenta un procès à la galerie Fischer de Lucerne qui lui avait vendu les œuvres spoliées, procès qu’il remporta, « sa bonne foi » étant reconnue par le tribunal ; Fischer dût lui rembourser le prix d’achat des œuvres.

Grand admirateur de la peinture de Monet, Bührle se rendit, à plusieurs reprises, à Giverny où le fils de Monet lui vendit un certain nombre de panneaux représentant des Nymphéas. En 1954, deux ans avant sa mort, il donna une conférence à l’université de Zurich pour expliquer l’origine de sa collection.
 


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Pissarro  -   Route de Versailles, Louveciennes, neige, 1845  -  © collection E. Bührle
 


En 1960, les héritiers de Bührle créèrent une fondation pour présenter au public les œuvres de la collection ; si celle-ci rassembla six cents œuvres d’art, dont en grande partie des toiles impressionnistes françaises, elle comporte également des œuvres plus anciennes (Cuyp, Guardi,  Greuze) ainsi que des œuvres postimpressionnistes (Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Toulouse-Lautrec…), quelques œuvres de nabis (Bonnard, Vuillard), de fauves (Derain, Vlaminck), de cubistes et de peintres de l’École de Paris.
 


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Cézanne  -  Le Jardinier Vallier  -  1904  © collection E. Bührle
 


Difficile de ne pas penser, lorsqu’on accède à l’exposition consacrée à la Collection Bührle, à l’homme derrière le collectionneur, un industriel qui s’est enrichi en vendant des armes à qui voulait bien les lui acheter puis une fois la guerre engagée, exclusivement à la Wehrmacht (sa fortune était passée entre 1940 et 1944, de 140 000 francs suisses à 127 000 000) et qui a profité d’œuvres d’art spoliées mises sur le marché de l’art suisse pour acheter, à bas prix, certains chefs-d’œuvre.
 


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Van Gogh  -  Le Semeur, soleil couchant  -  1888  © collection E. Bührle
 

Par contre, on ne peut pas lui reprocher ses goûts artistiques : un grand nombre des tableaux présentés dans cette exposition sont remarquables et nous rappellent, une fois encore, le rayonnement de l’art français en Europe et au-delà. Après la Collection Chtchoukine présentée à la Fondation Vuitton en 2017, puis actuellement la Collection Courtauld à la même fondation, on peut admirer à Maillol des toiles françaises exceptionnelles, qu’elles soient de Renoir (« Les deux Fillettes - le Chapeau épinglé » 1893, « La Petite Irène » 1880   ), de Cézanne («  Autoportrait » 1886-1887, « Le Garçon au Gilet rouge » 1888-1890 , « Le Jardinier Vallier »1904), de Pissarro («  Route de Versailles – Louveciennes, neige » 1870), de Monet (« Champ de Coquelicots  près de Vétheuil » 1979 ), de Degas (« Danseuse au Foyer », « Ludovic Lepic et ses filles », 1871 )

Ces oeuvres devraient être exposées au Kunsthaus de Zurich, où une extension est actuellement en construction pour les abriter, ce qui nous permet, en attendant, de voir cette collection à Paris, au Musée Maillol jusqu’au 21 juillet.
 


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Degas  -  La Petite danseuse de quatorze ans  -  © collection E. Bührle


 

  1. Commissaire de l’exposition : Emmanuelle Polack qui est l’auteur du livre « Le Marché de l’Art sous l’Occupation, 1940-1944 », Edition Tallandier, 2019.

________________
 


Musée Maillol
59/ 61, rue de Grenelle
75007 Paris

Ouvert tous les jours de 10 h 30 à 18 h 30
Jusqu’au 21 juillet
2019

________________
 


Hélène TANNENBAUM
 

© 9ème Histoire 2019


 

Réalisation: ParC Design

Icônes de l'église orthodoxe grecque
Saints Constantin-et-Hélène
Rue Laferrière - 75009 Paris

© D. Bureau


© 9ème Histoire 2001-2019