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Le Billet 2

Cité Napoléon.jpg
La Cité Napoléon

Quand on pense « Monument historique », classé ou inscrit, on pense encore d’abord à un  château, à un hôtel particulier, à une église médiévale. Pourtant, si l’on regarde dans la liste des « MH » du 9e  ceux qui ont été inscrits ou classés depuis vingt cinq ans, il faut bien constater qu’il n’y a plus d’hôtels particuliers (les derniers retenus sont en 1990 les hôtels Dervieux, rue Joubert, et Le Duc de Bierville, rue de la Grange-Batelière, et encore l’hôtel des Maréchaux, rue Richer), mais des cités (la cité de Trévise, rue Bleue, en 1991, précédée par la cité Bergère en 1990). Illustration du caractère aléatoire et souvent illogique de ces classements, l’extraordinaire Cité Napoléon (58, rue de Rochechouart), dont nous avions signalé l’extraordinaire typologie dès 1983 (et après d’autres), n’a été inscrite qu’en 2003.

La révolution dans la conception des Monuments historiques a commencé il y a un peu plus de quarante ans, sous l’égide de Michel Guy, qui fut secrétaire d’état à la culture du président Giscard d’Estaing de 1974 à 1976, mais dont les initiatives se sont prolongées au-delà. Sous l’impulsion de son conseiller pour le patrimoine, le professeur Bruno Foucart, furent ainsi inscrits les plus importants « passages » de notre arrondissement en 1974, les magasins du Printemps en 1975,  le Théâtre de Paris, le Théâtre Edouard-VII, et surtout une impressionnante liste d’une quarantaine d’immeubles de rapport du 19e siècle en 1977, ainsi que les sorties de métro Cadet et Opéra par Guimard en 1978.
Sous les ministères de Jack Lang (1981-1986 et 1988-1993) fut définitivement reconnue la qualité de l’architecture du 19
e jusque dans ses manifestations historicistes et éclectiques, qui furent longtemps méprisées. S’opéra aussi un glissement plus subtil, le remplacement de la notion de « monument » par celle de « patrimoine », ce qui a permis d’inclure les patrimoines les plus modestes, voire les patrimoines immatériels de la mémoire.  C’est ainsi qu’une opération de classement thématique a conduit à l’inscription d’une série de boutiques en 1984 (À la Mère de famille, une Crémerie de la rue Rougemont, la Maison du miel, et une ancienne poissonnerie de la rue du faubourg-Montmartre).

Illustration la plus drôle de cette révolution culturelle, le théâtre Le Palace, qui devint en 1978 une mythique boite de nuit, a été classé en 1976, un an avant que l’église de la Trinité par le grand architecte parisien Théodore Ballu soit inscrite (et qui, depuis, reste encore seulement inscrite), et plusieurs années avant que soient classés Saint-Eugène en 1983,  Notre-Dame-de-Lorette en 1984 et la Grande synagogue de Paris en 1987. Autre manifestation du glissement opéré,  la salle de l’Olympia, inscrite en 1991, l’est restée, bien qu’elle ait été depuis complètement détruite, … parce qu’on y voit (à juste titre d’ailleurs) un lieu de mémoire.

Nous dépendons toujours de ce double héritage, reconnaissance de l’architecture du 19e et du patrimoine de la mémoire. Mais, il faut bien dire, les classements et inscriptions se font plus rares. La ville de Paris avait pris le relai avec ses propres inscriptions (CVP), dont la liste par arrondissement est accessible sur le site de la Mairie, mais on peut s’inquiéter de voir que sous l’actuelle mandature ces signalements ne protègent plus de la dénaturation.

Depuis cinq ans, dans notre arrondissement n’ont été inscrits sur la liste supplémentaire des monuments historiques que deux nouveaux  « monuments », un immeuble et deux anciennes publicités peintes : en 2014, à la suite de la grande exposition Viollet-le-Duc du musée d’Orsay, l’immeuble du 68, rue Condorcet (plaisamment signé par la sculpture d’un Grand-Duc perché sur une colonne sous le balcon du 4e étage),  et, de façon plus originale, en 2012, de grandes peintures murales publicitaires pour la liqueur Bénédictine et pour la peinture Ripolin, mis au jour sur un grand pignon à l’angle de la rue des Martyrs et de la rue Hippolyte-Lebas.

Mais ce patrimoine à la fois modeste et spectaculaire, qui attend sa restauration, est déjà partiellement occulté par des « tags », tags dont certains revendiquent le caractère artistique, voire patrimonial ; nous y reviendrons.

Peintures publicitaires.jpg  Olympia_facade.jpg


Claude MIGNOT


 
 

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