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Chopin-Radziwill.jpg
Henryk Siemiradzki - Chopin au salon du Prince Antoni Radziwill - 1887

 


Une soirée sous le signe de Chopin

 

Mercredi 14 février régnait à l’ancien hôtel d’Augny, 6 rue Drouot, une atmosphère qui aurait pu presque rappeler celle que connût Frédéric Chopin quelques mois après son arrivée à Paris lorsqu’il donna le 25 février 1832 son premier concert public, non loin de là, devant un public attentif, dans les salons Pleyel de la rue Cadet.

En effet, en préambule de la conférence proposée par Piotr Witt, historien, critique d’art et journaliste, ancien spécialiste des actualités culturelles à la télévision polonaise, et auteur en Pologne d’un ouvrage sur ce grand musicien intitulé « Les limbes de la gloire », un Nocturne de Chopin est alors joué par Vessela Pelovska, pianiste de concert et chef de chant à l’Opéra.


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Piotr Witt                                                                                                               Vessela Pelowska
 

Après cette brillante entrée en matière, notre conférencier s’excuse de son fort accent polonais qui pourrait rappeler celui qu’avait justement Frédéric Chopin lors de ses débuts parisiens ! Piotr Witt évoque d’abord le contexte de l’époque, le début de la Monarchie de juillet correspondant aussi à l’insurrection polonaise de 1830 et à l’arrivée en France de beaucoup d’exilés accueillis avec sympathie.

Or le premier concert parisien de février 1832 chez Pleyel du jeune prodige polonais au nom à consonance française (son père était lorrain d’origine), mais encore inconnu, n’inaugura pas le début de sa gloire, contrairement à la légende. On a pu entendre longtemps en effet que c’était grâce à un riche banquier, James de Rothschild, à un prince polonais ou encore à un facteur de pianos que Chopin connût d’emblée la célébrité, mais en vérité le soir même du 25 février 1832, l’artiste était concurrencé par une réception chez le duc de Noailles et par un bal à l’Opéra de la rue Le Peletier ! 


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Les Salons Pleyel de la rue de Rochechouart
 

Les salons Pleyel de la rue Cadet relativement exigus ne pouvaient surtout accueillir que quelques dizaines de personnes contrairement à ce que l’on peut voir sur une illustration qui montre non pas le concert de 1832 mais la salle des nouveaux salons Pleyel de la rue Rochechouart après son inauguration en 1839, et qui pouvait accueillir eux au moins cinq cents personnes …  
Piotr Witt rappelle aussi le contexte de ce concert qui allait permettre à Camille Pleyel, qui voulait développer sa gamme de pianos, de réaliser d’abord une sorte d’opération marketing avec Chopin comme promoteur ! Les pianos Pleyel étaient en effet connus initialement pour ses pianos carrés et pianinos (pianos courts) avant que les pianos à queue à structure de fer se développent, alors que ceux d’Erard à double échappement étaient plus destinés aux concerts par leur sonorité mieux adaptée aux grandes salles.

Le concert de février 1832 fut donc davantage un succès d’estime réservé à un public sélectionné dont la critique se fit certes l’écho mais avec quelques réticences comme celles de Fétis, le grand critique musical de l’époque, qui tout en reconnaissant le grand talent du musicien suggérait quand même que celui-ci continue encore à prendre lui-même des leçons !

Mais les mois qui allaient suivre allaient voir déferler sur Paris l’épidémie de choléra décimant près de 18 000 personnes entre mars et septembre 1832 et provoquant la fuite de la population parisienne aisée. C’est donc une période difficile aussi pour Frédéric Chopin vivant dans un petit appartement en haut du 27 boulevard Poissonnière avant d’aller au 4 cité Bergère, dont la « clientèle » de mélomanes était déjà assez réduite en temps normal : environ 1 500 personnes issues le plus souvent de l’aristocratie parisienne ou polonaise exilée. 


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L'Hôtel de Monaco, actuelle ambassade de Pologne
 

Après une nouvelle pause musicale où la pianiste accompagnée par sa fille, jeune violoncelliste de talent, joue avec brio quelques préludes, Piotr Witt nous révèle alors que c’est véritablement le 30 décembre 1832, une fois l’épidémie passée, que Chopin allait connaitre le succès en donnant un concert rue Saint Dominique à l’Hôtel de Monaco (du nom de la première occupante au XVIIIe siècle, la princesse de Monaco).
L’Hôtel édifié par
Brongniart en 1774 (remplacé en 1838 par une nouvelle construction) était en effet à cette époque le siège de l’ambassade d’Autriche (devenue depuis 1936 l’ambassade de Pologne). Le concert du nouvel an revêtait pour ce public une importance particulière comme c’est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui !


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La Comtesse Apponyi
 

La femme de l’ambassadeur, la comtesse Apponyi, tombée sous le charme du jeune pianiste l’avait invité à jouer pour cette occasion devant un auditoire essentiellement aristocratique et surtout dans une salle plus spacieuse que les salons Pleyel de la rue Cadet. Ce concert allait alors contribuer non seulement à la renommée du jeune artiste mais également lui offrir l’opportunité de donner des leçons à un certain nombre de comtesses, comme la comtesse Potocka, mais aussi de baronnes ou marquises de la bonne société parisienne, facturées au tarif fort, une clientèle donc surtout féminine !

Chopin n’a jamais apprécié de jouer devant des grandes salles, il préférait plutôt se produire dans des salons au public plus restreint, souvent à l’issue de déjeuners plutôt que de dîners comme le rapporte Piotr Witt. A peine dix ans après son arrivée à Paris, notre conférencier indique aussi que sa « valeur marchande » avait bien augmenté dans les rares concerts publics qu’il eut l’occasion de donner, en donnant l’exemple de celui de 1841 dans la nouvelle salle Pleyel de la rue Rochechouart dont le billet d’entrée était de 100 francs or, somme très importante pour l’époque et donc très éloignée des 10 francs du premier concert donné rue Cadet …

En forme de confidence, Piotr Witt nous révèle enfin que la salle de la rue Rochechouart a failli devenir un musée consacré à Frédéric Chopin en 1910 mais ce projet n’a finalement jamais vu le jour (la salle finira par être rasée pour laisser la place bien plus tard encore à l’actuel Centre Valeyre).

Pour terminer sur un ton plus heureux, la parole était laissée à la musique pour quelques Préludes de Chopin. La salle allait ensuite redoubler d’applaudissements à l’annonce du 17e anniversaire de la jeune et talentueuse violoncelliste avant de partager le traditionnel pot de l’amitié.


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Vessela Pelowska et Estelle  Persiaux Salle Cortot en décembre 2017
     

Emmanuel FOUQUET
  


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Date de création : 16/02/2018 : 11:35
Catégorie : - Echos du Terrain
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