En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés. Mentions légales.
 
 
Publications
Recherche
Recherche
 ↑  
Vie Culturelle
Quoi de neuf sur le Site?
(depuis 12 jours)
 ↑  
Calendrier
 ↑  
Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.

Avant de soumettre ce formulaire, veuillez lire et accepter les Mentions légales.

J'accepte :
 ↑  
Modérateur
Votre Espace Abonné

Se reconnecter :
Votre nom (ou pseudo) :
Votre mot de passe
<O>

 ↑  
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

 ↑  
rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.neufhistoire.fr/data/fr-articles.xml

© Emmanuel Fouquet 2018 © 9e Histoire - 2018

Projet_cromot.jpg
Vue du projet de la restauration de l'Hôtel Cromot du Bourg.

 


L’Hôtel Cromot du Bourg, les salons Pleyel
… et Chopin


 


Au moment où la Ville de Paris termine en 2018, la réhabilitation de l’ensemble historique du 9, rue Cadet, il a semblé utile de revenir sur l’histoire de cet hôtel particulier du XVIIIe siècle et sur les salons Pleyel du premier étage qui ont vu le premier concert public donné par Frédéric Chopin à Paris.

Attardons nous un instant sur l’origine du lieu. L’enclos Cadet, en contrebas de la Butte-Montmartre, doit son nom tout d’abord à Jacques et Jean Cadet, maitres-jardiniers au XVIe siècle (sous Charles IX), mais bien plus tard, au XVIIIe siècle, à l’apothicaire devenu premier Commis aux Finances, Charles Edmond Cadet de Chambine qui possédait là des terrains maraîchers. Il vend une partie de ces terrains, en 1735, à Claude-Pierre Gallerand, chef de la fruiterie du roi Louis XV, qui commence la construction d’une résidence perpendiculaire au chemin de la Voierie (ancienne appellation de la rue Cadet). Les travaux sont arrêtés à la suite de la mort du propriétaire en 1750, puis de celle de son successeur, Jean-François Boudrey, Commis aux Finances, en 1760.


UN HÔTEL PARTICULIER DU XVIIIe SIÈCLE


C’est durant cette période que sont cependant établis le corps de logis principal à deux étages sur rez-de-chaussée, perpendiculaire à la rue Cadet ainsi que l’aile en retour le long de cette même rue et dont l’entrée se situe de nos jours au niveau du n° 9. Le grand escalier néoclassique en pierre avec sa belle rampe en fer forgé menant aux salons du premier étage date aussi de cette époque (il est inscrit depuis 1987 à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques).


Jules_David_Cromot.jpg
Buste de Jules David Cromot du Bourg par J.B. Lemoyne © National Gallery of Art Waslington DC
 

En 1762, l’hôtel est vendu à un des petits-neveux de Boudrey, Jules David Cromot (1725-1786), baron du Bourg (du nom de Bourg-Saint-Léonard dans l’Orne où celui-ci possédait un château toujours en place). Personnage intrigant et ambitieux, Premier Commis aux Finances, Cromot du Bourg agrandit son domaine à Paris en achetant en 1764 un nouveau terrain au sud, puis un autre grand terrain au nord, en 1767, avec le projet d’aménager là un vaste jardin au pied de la butte Montmartre. Passé au service de Monsieur (frère de Louis XVI et futur Louis XVIII), il en devient l’intendant général de ses Maisons, Domaines et Finances. Le surintendant peut rivaliser ainsi en faste avec d’autres dignitaires, tel son voisin dans le quartier, l’intendant des Menus Plaisirs du roi, Papillon de la Ferté !  


Façade_Cadet.jpg
Façade de l'hôtel Cromot du Bourg rue Cadet
 

Il commande entre 1762 et 1786 le doublement du corps de logis perpendiculaire à la rue (dont une façade donne aujourd’hui au 7, rue Cadet) à Jean-François Thérèse Chalgrin (1739-1811), architecte très en vogue durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle (Premier architecte de Monsieur mais aussi concepteur à la fin de sa vie de l’Arc de Triomphe, pour Napoléon Ier !) Cromot du Bourg est d’ailleurs proche de lui puisqu’il sera son témoin lors du mariage de celui-ci avec la fille du peintre Joseph Vernet. Chalgrin va édifier également un pavillon assez étroit à l’extrémité du bâtiment rue (actuel 11, rue Cadet) à usage de boudoir qui se distingue à l’extérieur par son garde-corps à balustres en pierre toujours présent aujourd’hui.
Cet ancien boudoir, comme les salons de l’aile sur cour du premier étage, avec ses parquets en point de Hongrie et ses cheminées, ses grandes fenêtres à baies cintrées et ses volets intérieurs en bois, ses décors peints et ses lambris du XVIIIe siècle de style rocaille (décors voulus par Chalgrin), seront classés monuments historiques en 1987. Les salons qui se succèdent en enfilade sont restés totalement en l’état jusqu’à la rénovation qui s’achève : l’antichambre (40m2), le grand salon (60m2), le petit salon (35m2), et même la chambre à coucher (20m2), avec leurs corniches décorées de motifs sculptés, inspirés des Fables de La Fontaine.


Antichambre salons Pleyel avant restauration 2018.jpg
Antichambre des salons Pleyel avant la restauration de 2018
 

L’ébéniste Georges Jacob a participé à l’ameublement malheureusement disparu de cet étage, mais les dessus de porte du grand salon sont encore ornés de peintures d’après Fragonard, ou d’œuvres de Boucher, Chardin, Natoire ou Vernet. Des bas-reliefs en stuc représentant des Amours sur les dessus de porte de l’antichambre (typiques du style décoratif à la mode au XVIIIe siècle) complètent le décor. Ils ont été conservés après avoir été déposés pendant la restauration actuelle qui s’achève en 2018. Cet ensemble témoigne de l’opulence de Cromot du Bourg.
À son décès en 1786, ses héritiers ne s’intéressent guère à cet hôtel (l’ainé poursuivra une carrière militaire et son fils cadet, Cromot de Fougy, qui avait récupéré la charge de surintendant des finances, occupera ce poste jusqu’à la Révolution mais émigrera en 1790). Sans doute contrainte et forcée, la veuve de Jules Cromot du Bourg cède alors les biens durant la période révolutionnaire à l’administration des Domaines Nationaux qui loue l’hôtel en différents lots.

Au tout début du XIXe siècle, celui-ci connaît bien des vicissitudes puisque le rez-de-chaussée et les salons de l’aile sur cour sont occupés par un marchand de farine qui transforme les lieux en entrepôt ! L’hôtel ayant été mis aux enchères en 1807, les nouveaux propriétaires, les époux Marlier, établissent des baux de location et font construire un immeuble de rapport sur le terrain de l’actuel 7, rue Cadet. En 1813, l’ensemble, divisé en six lots, est revendu à des propriétaires différents qui, durant les années qui suivent et au fil des diverses locations, connaît des modifications de distribution intérieure et des usages nouveaux. Ainsi en 1823, le carrossier Alexis Robert développe un système original de voiture de messageries, les « voitures articulées ». Il habite lui-même au premier étage de l’aile sur rue donnant 9, rue Cadet. Un autre lot est occupé à la même époque par les financiers du nouveau quartier du Faubourg-Poissonnière, André et Cottier. La famille Dutuit va investir également dans cet hôtel qu’elle occupera une grande partie du XIXe siècle.


Salon_Chopin.jpg
Projet de restauration du Salon Chopin.
 

UN HAUT LIEU DE LA MUSIQUE AVEC LES PLEYEL

C’est à cette époque que les Pleyel s’installent dans les lieux. Ignace Pleyel (1757-1831), d’origine autrichienne, avait d’abord été un grand musicien, aujourd’hui assez oublié, élève favori de Joseph Haydn en Angleterre puis maître d’orchestre de la Cathédrale de Strasbourg. Son talent de compositeur prolixe était loué partout, notamment par Mozart qui s’exclamera à propos de ses quatuors : « Ils sont très bien composés et fort agréables à entendre. Quel bonheur pour la musique ! ». Pendant la Révolution il est avec Rouget de Lisle compositeur de l’Hymne à la liberté et après de nombreux concerts à l’étranger, il s’installe à Paris. Il ouvre alors en 1797 une maison d’éditions musicales, boulevard Bonne Nouvelle. En 1807, son activité se recentre sur la fabrication et la vente de pianos. Il est soutenu par Rossini et surtout le renommé pianiste Kalkbrenner avec qui il va bientôt s’associer.
 


Ignace_Pleyel.jpg  Kalkbrenner.jpg
Ignace Pleyel     -    Frédéric Kalkbrenner © GettyImages – DEA/A Dagli Orti 

Les bureaux sont d’abord établis au coin de la rue de la Grange-Batelière et de la rue du Faubourg-Montmartre. Puis Ignace Pleyel vieillissant demande à son fils Camille (1788-1855), lui-même pianiste, de le rejoindre et fonde en 1824 la société Pleyel et fils aîné. C’est à ce moment que la société va prendre son essor avec la fabrication de nombreux types de pianos (unicordes, verticaux, puis à queue). Dès 1827, les Pleyel décident de s’installer au 9, rue Cadet en lieu et place du marchand de farine !
La société comprend outre les Pleyel, père et fils, le compositeur et pianiste Frédéric Kalkbrenner qui y apporte des fonds. Une partie des locaux du rez-de-chaussée est consacrée à la facture d’instruments, les salons du premier étage à l’exposition et à la vente, mais aussi à l’enseignement. Bien vite les pièces de réception de l’aile sur cour commencent à être utilisées de temps à autre pour des concerts (on y entendra aussi la Malibran, sœur de Pauline Viardot), dont l’intérêt est surtout de faire la promotion des instruments ! Le 31 janvier 1830, a lieu ainsi dans les salons de la rue Cadet le concert d’inauguration officielle où Kalkbrenner joue son Concerto n°3 pour piano et orchestre, au moment où Ignace Pleyel va laisser à son fils la direction de la société.


Pleyel_Portrait.jpg   Marie_Mocke_2.jpg
Portrait de Camille Pleyel et de Marie Moke
 

D’autres pianistes et élèves de Kalkbrenner vont jouer ensuite à cet endroit comme Marie Moke, éphémère fiancée d’Hector Berlioz et bientôt épouse de Camille Pleyel en 1831… La même année voit la mort en novembre du fondateur, Ignace Pleyel, mais également l’arrivée de Frédéric Chopin à Paris en octobre ; il réside dans une petite chambre située au dernier étage du 27, boulevard Poissonnière d’où il peut contempler Paris (une plaque à peine visible à cet endroit le rappelle), avant d’aller habiter, cinq mois plus tard, au 4, Cité Bergère.


Chopin32.jpg
Plaque rappelant le souvenir de Chopin 27, Boulevard Poissonnière © Untapped Cities - Michelle Young

C’est donc dans ces salons qu’aura lieu le 25 février 1832, le premier concert public à Paris du grand pianiste qui allait sceller entre les deux hommes une relation à la fois amicale et professionnelle, qui ne cessera qu’à la mort de l’artiste en 1849.
Celui-ci dira : « Quand je me sens en verve et assez fort pour trouver mon propre son à moi, il me faut un piano de Pleyel ».
Il appréciait en effet particulièrement sur ces pianos leur mécanique légère permettant de marquer les nuances sur les touches. Il emmènera d’ailleurs un pianino (petit piano droit) à Majorque dans la Chartreuse de Valldemossa où il séjournera avec George Sand durant l’hiver 1838-39 !


Piano_Pleyel_Chopin_Valldemosa.JPG
Le pianino Pleyel de Chopin à Valldemossa.
 

HISTOIRE D'UN CONCERT HISTORIQUE
 

Ce concert a aussi une histoire comme l’a conté le musicologue, Jean-Jacques Eigeldinger[1]. C’est en effet un jeune musicien de vingt et un ans, quasi inconnu en France, qui débarque à Paris le 5 octobre 1831. Muni de quelques lettres de recommandation, il cherche à tout prix à se faire connaitre et rencontre Kalkbrenner qui, auteur d’une Méthode pour apprendre le piano à l’aide du guide-main, et devant le succès rencontré, vient d’ouvrir en novembre de la même année son école de piano au 9, rue Cadet.

Chopin lui voue d’abord une véritable admiration : « Je suis fort lié avec Kalkbrenner, le premier pianiste d’Europe. C’est le seul auquel je ne sois pas digne de dénouer le cordon de sandale ! » Mais quelques semaines plus tard, ce grand engouement s’estompe et Chopin déçu par la froideur, l’absence de naturel du maître, renonce à s’enrôler pour trois ans sous sa coupe : « Je suis tellement convaincu que je ne serai jamais une copie de Kalkbrenner que rien ne pourrait m’ôter l’idée et le désir de créer un monde nouveau. »
Les deux hommes ont cependant des ambitions qui se rejoignent :
Kalkbrenner veut faire apparaître le pianiste polonais en qui il perçoit un immense talent, comme son protégé et Chopin, voyant dans les pianos Pleyel, véritables instruments « non plus ultra » selon lui, le meilleur moyen de faire carrière à Paris. Ils resteront d’ailleurs toutes leurs vies en termes courtois et respectueux.


Affiche_concert_25_03_1832 copie.jpg    frederic_Chopin.jpg
Affiche du concert du 25 février 1832  -   Portrait de Frédéric Chopin                                                  
 

Le concert réunissant les deux artistes et d’autres invités était prévu pour être joué initialement le 25 décembre 1831 mais il est d’abord ajourné au 15 janvier suivant, en raison de l’indisponibilité d’une des cantatrices conviées, puis au 25 février 1832 en raison d’une indisposition de Kalkbrenner lui-même. À noter que Jean-Jacques Eigeldinger a pu retrouver des documents prouvant que celui-ci n’a donc pas eu lieu le 26 février comme cela a été longtemps affirmé, sur la base notamment d’une « coquille » présente sur le compte-rendu de l’événement fait par François-Joseph Fétis, critique musical belge reconnu et professeur au Conservatoire …
Or d’autres témoignages et surtout l’affiche datée du 25 février 1832 (retrouvée dans une bibliothèque new-yorkaise !) semblent rétablir la vérité historique.  Celle-ci met en avant la présence de Chopin avec l’intégralité de son Concerto n° 1 pour piano en mi mineur (joué ici en deux parties, pour piano seul et quatuor) et ses Grandes Variations Brillantes sur un thème du Don Giovanni de Mozart : La ci darem la mano. L’autre clou de cette soirée est la Grande Polonaise pour 6 pianos de Kalkbrenner, dont Chopin parle ainsi : « J'y donnerai de plus avec Kalkbrenner une Marche suivie d'une Polonaise pour deux pianos avec accompagnement de quatre autres. C'est quelque chose de fou. Kalkbrenner jouera sur un immense pantaléon[2]. J'aurai un petit piano monocorde (mais dont le son porte loin comme les sonnettes des girafes[3]). Quant aux autres instruments, ils sont grands et feront orchestre. »

Il s’agissait en effet de mettre aussi en valeur la qualité des instruments fabriqués par la société Pleyel et Cie ! Le concert est également scandé par des morceaux chantés qui allongent la durée de celui-ci. Pour ce concert a priori public (le prix du billet étant de 10 F), l’assistance est cependant choisie, la colonie polonaise parisienne y est bien représentée, Fétis évoque même un « auditoire d’élite » où on peut citer outre Camille Pleyel et sa femme Marie, Louis Adam, Félix Mendelssohn, Clara Wieck (bientôt Schumann), ou Franz Liszt qui dira : « Nous nous souvenons de sa première apparition dans les salons Pleyel, où les applaudissements les plus redoublés semblaient ne pas suffire à notre enthousiasme, en présence de ce talent qui révélait une nouvelle phase dans le sentiment poétique, à côté de si nombreuses innovations dans la forme de son art ».
Un autre témoignage sur cette fameuse soirée montre l’importance de l’événement : « Notre cher Frédéric a donné un concert qui lui a apporté un grand renom et un peu d’argent. Il a battu à plat de couture tous les pianistes d’ici. Tout Paris en est abasourdi ! Ce concert fait d’ailleurs l’objet de nombreux rappels où Chopin joue quelques Mazurkas et Nocturnes.

Il est probable toutefois qu’une centaine de personnes tout au plus se pressaient ce soir-là dans l’antichambre et le petit salon (les messieurs se tenant debout comme le voulait la coutume de l’époque), les six pianos dont il est question dans la Grande Polonaise occupant sans aucun doute la majeure partie du grand salon de 60 m2.


Plan_salons Pleyel.jpg
Plan de l'étage de l'Hôtel Cromot du Bourg
 

On sait aussi que Frédéric Chopin n’aimera jamais se produire dans de grandes salles, préférant l’intimité des salons parisiens.  « Je ne suis point propre à donner des concerts. La foule m’intimide. Je me sens asphyxié par ces haleines précipitées, paralysé par ces regards curieux, muet devant ces visages étrangers », dira-t-il plus tard. Il se consacrera surtout aux leçons, fort bien rémunérées, qu’il donne pour la bonne société parisienne ou polonaise en exil …

Il devait finalement ne donner qu’un seul autre concert rue Cadet, le 25 décembre 1834, un duo avec son grand ami de l’époque, Liszt. Sa collaboration avec Camille Pleyel se poursuivra encore dans la nouvelle salle ouverte rue Rochechouart en 1839, accueillant jusqu’à 550 personnes (à l’emplacement de l’actuel Centre Valeyre), avec des concerts en 1841, 1842 et surtout le 16 février 1848 pour son dernier concert à Paris, quelques jours avant le renversement de Louis-Philippe.


Salle_Pleyel_2.jpg
La nouvelle salle Pleyel 22 rue de Rochecouart.
 

LE DÉBUT D'UNE AUTRE ÉPOQUE

Dès le début des années 1840, l’activité des salons Pleyel de la rue Cadet est en effet alors transférée au nouveau siège de la rue Rochechouart mettant fin ainsi à une période de plus de douze ans placée à cet endroit sous le signe de la musique. Faut-il enfin rappeler que la prestigieuse société Pleyel, après la destruction au début du XXe siècle des locaux de la rue Rochechouart ravagés auparavant par un incendie, a cessé malheureusement toute production fin 2013, avec pourtant près de 250 000 pianos fabriqués depuis 1807 ?
D’autres types d’occupation vont alors débuter dans les locaux de l’ancien Hôtel Cromot du Bourg, bien éloignés de l’ambiance pianistique précédente : d’abord Caisse hypothécaire puis studio de photographie avec les frères Berthaud qui exploitent la surélévation de l’aile sur cour du XVIIIe siècle intervenue en 1865.
Un peu plus tard au début du XX
e siècle, c’est la société Chevojon, qui va occuper pendant près d’un siècle les mêmes lieux, studio « d’art industriel », aux 40 000 clichés archivés d’architecture urbaine, comme le montrait encore l’enseigne du portail sur rue déposée lors des travaux de réhabilitation. On trouvera aussi pendant près de 100 ans à partir de 1919 (à l’endroit occupé par les salons Pleyel !) le Syndicat professionnel des Négociants en perles et pierres précieuses. Le Centre de recherche sur la diaspora arménienne aura lui des bureaux au 2e étage sur rue entre 1983 et 2013. Beaucoup plus récemment en 2004, la Commission du Vieux Paris a établi son siège à cet endroit pendant une douzaine d’années.


Hôtel Cromot du Bourg salons Pleyel avant restauration copie.jpg     DBLH-Cromot-3-700x500.jpg
Enfilade de salons de L’Hôtel Cromot du Bourg avant, puis en cours, de restauration.
 

À la fin des travaux de restauration de l’ensemble immobilier du 9, rue Cadet, outre des logements sociaux occupant les étages supérieurs et le Studio de danse Bianca Li devant investir l’ancienne halle de l’imprimerie construite dans la cour par Frantz Jourdain en 1881, va s’installer en 2018 dans les fameux salons du premier étage de l’aile sur cour, l’Agence internationale Nelly Rodi spécialisée dans le conseil en création. 

Mais c’est là une toute autre histoire …


Entrée_CDB_AT.jpg
Entrée rue Cadet de l'Hôtel Cromot du Bourg avant restauration.

 

Emmanuel FOUQUET

1 Chopin et Pleyel, par Jean-Jacques Eigeldinger, Fayard, © 2010.

2 Sans doute ici un piano à queue

3 En référence à un piano vertical.

 

© Emmanuel Fouquet 2018 © 9e Histoire - 2018


Date de création : 19/05/2018 : 09:00
Catégorie : - Articles-Architecture
Page lue 600 fois


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !

 

Réalisation: ParC Design

Masques - façade de l'Opéra Garnier
© D. Bureau


© 9ème Histoire 2001-2018