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Edouard VII à Paris


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Place Edouard VII
 



EDOUARD VII À PARIS

 


C’est au « plus parisien des anglais » que Paris a dédié une rue dans le 9e arrondissement : la rue Edouard VII, percée en 1911, avec, dans son prolongement, une place sur laquelle s’élève une statue équestre, œuvre de Paul Landowski. Au numéro 8 un théâtre porte son nom et l’ensemble est appelé “ l’îlot Edouard VII
 


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Affiche de l'exposition franco-britanique de Londres rappelant l'Entente Cordiale.
 


C’est le roi de l’ Entente Cordiale dont les accords ont été signés en 1904. Le roi vient régulièrement à Paris, comme prince de Galles d’abord, comme roi ensuite (il a brièvement régné de 1901 à 1910).

Que n’a-t-on dit à son sujet au cours de ses passages ici ! Bon vivant, fréquentant les restaurants à la mode, surtout sur les boulevards : le Café Anglais et son « Grand 16 » par exemple, ou Maxim’s.

II est vu en compagnie des “ grands de ce monde “ : le Marquis de Breteuil, le Comte de Paris, le Duc de Mouchy et même l’ex-Impératrice Eugénie. On le retrouve au Jockey-Club, aux courses, au théâtre et à l’Opéra :
« …Arrivé dans l’après-midi à Paris, Edouard VII, toujours à l’affut des nouveautés théâtrales, se rend le soir même au théâtre de la Porte-St-Martin pour assister à une représentation de Chantecler d’Edmond Rostand, mais la soirée n’est pas un succès : « J’ai été terriblement déçu par Chantecler à Paris. Je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi stupide et enfantin, qui ressemble à une pantomime » écrit-il quelques jours plus tard au Prince de Galles. »

 


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Caricature de Sem représentant le roi Edouard VII aux courses, entouré des membres du Jockey-Club.
 

Paris est une ville plus discrète que Londres et il peut y retrouver ses maîtresses Lillie Langtry ou Jenny Chamberlain et Alice Keppel.

Alors qu’il est encore prince de Galles, on lui prête de folles soirées de débauche au Moulin Rouge ou au Cirque (H. de Toulouse-Lautrec: suivre ce lien) ou encore dans des maisons closes de luxe. La “ Goulue “ et Bruant se permettant de l’interpeller de manière cavalière.
Quelle est la réalité ?
Antoine d’Arjuzon, auteur de l’ouvrage « Edouard VII Le prince de l’Entente Cordiale » est très réservé à ce sujet !
En effet « … Dans la capitale française, le prince est escorté jour et nuit par des inspecteurs de police qui font un rapport quotidien au préfet de police. Il ne s’agit pas de l’espionner mais d’assurer sa sécurité et de le protéger contre une agression éventuelle, et la préfecture de police surveille particulièrement les Irlandais qui pourraient tenter de s’approcher de lui »

 


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Moloch - Caricature d'Edouard VII     -    Le prince de Galles en 1894  
   
          


Devenu roi en 1901, il est encore davantage surveillé par mesure de sécurité : « … Le préfet de police Lépine, chargé d’assurer la sécurité du souverain, est sur les dents. Un après-midi, Edouard VII s’éclipse discrètement pour effectuer une promenade au Jardin des plantes avec une de ses anciennes flammes parisiennes. Son secrétaire privé, Ponsonby,  alerté par le chauffeur du monarque, appelle Lépine au téléphone pour que la protection du roi s’effectue très discrètement à l’extérieur du jardin. Le préfet répond que ce n’est pas possible mais qu’il va désigner pour le suivre deux inspecteurs inconnus du monarque. Hélas ! l’un d’eux se sent malade et se fait remplacer par un collègue dont le visage est connu d’Edouard VII, lequel est furieux d’être suivi pendant sa promenade romantique… »
 


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L'un des portraits officiels du roi Edouard VII.
 

En 1903, son voyage officiel est un triomphe : « …Un peu avant trois heures de l’après-midi, le train royal accède à la petite gare du bois de Boulogne qui se trouve en bas de l’avenue du Bois (aujourd’hui avenue Foch). Le président Loubet est là pour l’accueillir. Les troupes rendent les honneurs, on écoute les hymnes nationaux, puis le roi et le président montent en calèche pour se rendre à l’ambassade d’Angleterre. Les musiques jouent ; les chapeaux s’agitent ; on entend les cris confus de “ Vive le roi ! Vive Loubet ! Vive Edouard“ Le roi a-t-il distingué dans la confusion des clameurs ce vivat un peu familier ? » Quoi qu’il en soit, le président Loubet et Delcassé, ministre des affaires étrangères et artisan de l’Entente Cordiale, peuvent être satisfaits !
 


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L'entrevue du roi Edouard VII et du président Loubet dans le wagon royal - Source L'illustration.
 


Edouard VII a fait de nombreux voyages à Paris, dès le Second Empire, et a été un grand ami de la France. Il a été en outre l’un des acteurs de la vie mondaine à Paris et par ses innombrables voyages sur le continent, il a su mettre l'Angleterre dans l'Europe grâce à la force de sa présence et de sa personnalité.
 

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Image de la réinstallation de la statue équestre d'Edouard VII en septembre 1944.
Elle avait été déboulonnée par des membres du PPF de Doriot en mai 1942.


 


Françoise ROBERT
 

Source :
A. D'Arjuzon "Edouard VII Le prince de l'Entente Cordiale"  - © Editions Perrin
 

 


Date de création : 26/10/2019 • 09:00
Catégorie : - Fiches Express-Figures du 9e
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