Françoise HARDY - le train du souvenir

FRANCOISE HARDY
LE « TRAIN DU SOUVENIR »
C’est une adresse peu connue des non-initiés mais culte pour les fans des yéyés… Le 24 de la rue d’Aumale, où vécurent discrètement dans un petit deux pèces en arrière-cour Madeleine Hardy et ses deux filles Françoise et Michèle (que leur père, Pierre Dillard, marié, ne reconnaîtra que très tard), reçoit de temps en temps la visite des admirateurs de l’une de nos meilleures auteures-compositrices et interprètes de la chanson française, si mélancolique, si romantique, si distinguée, devenue une icône de mode. C’est là que Françoise Hardy adolescente découvrit à la radio anglaise le rock-country qui allait lui faire demander une guitare et décider de sa carrière.
Elle chanta dans les caves de l’Hôtel du Louvre avant que les Français ne la découvrent à 18 ans dans Le petit Conservatoire de la Chanson de Mireille. En 1962 « Tous les garçons et les filles » sera vendu à deux millions d’exemplaires. Elle arrêtera la scène pour se consacrer aux disques. Elle en réalisera une trentaine, collaborant entre autres avec Serge Gainsbourg, Michel Berger ou Etienne Daho.
Ce dernier, aux côtés de Jean-Marie Périer (son premier compagnon en 1965) et Thomas Dutronc (le fils qu’elle eut avec son grand amour, Jacques Dutronc) était au premier rang des invités le 16 janvier au matin lors du dévoilement par la Maire, Delphine Bürkli, d’une plaque rappelant sur la façade du 24 rue d’Aumale que Françoise Hardy fut une enfant du 9e arrondissement.
C’est à la clinique Marie-Louise, cité Malesherbes, qu’elle poussa son premier cri, six mois après celui de Jean-Philippe Smet (Johnny Hallyday). Quant à Jacques Dutronc, il naquit neuf mois plus tôt rue de Provence (où vécurent longtemps ses parents). Et n’oublions pas Claude Moine (Eddy Mitchell), lui aussi enfant du Neuvième né en juillet 42. La « bande de la Trinité » qui les réunissait tous les trois deviendra célèbre et lança le rock en France.
Rue fermée à la circulation, lors de cette belle cérémonie, les élèves du Conservatoire municipal Nadia et Lili Boulanger ont interprété avec beaucoup de sensibilité quelques-unes de ses chansons fétiches, « Mon amie la rose », « La Maison où j’ai grandi », « Message personnel »,…), sous la conduite de leurs professeurs Alexandre Lecroc-Lecerf, Valérie Mille, Arlinda Roux et Esa Saladin Benattar, un moment d’émotion pour les plus de vingt ans en cette belle matinée ensoleillée.
« Elle passait de longues heures chez les disquaires du quartier, rue de la Chaussée d’Antin, tout en étant une élève toujours studieuse et brillante dans une institution religieuse de la rue La Bruyère », a évoqué Delphine Bûrkli, avant que Thomas Dutronc ne parle avec beaucoup de simplicité de cette maman si attentive et tant aimée. Désormais tous les passants sauront que c’est au 24 rue d’Aumale que cette belle et élégante chanteuse découvrit sa vocation.
Anick Puyoou
Photos Anick Puyoou
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