Suzanne VALADON
Suzanne Valadon (1865-1938)
La peintre de Montmartre
par Michelle Brieuc
Lorsque Marie-Clémentine Valadon naît le 23 septembre 1865, à Bessines-sur-Gartempe, en Haute-Vienne, rien ne la prédestine à devenir cette artiste emblématique, l’une des plus importantes de sa génération, ostensiblement moderne et libérée des conventions de son temps. Son rôle précurseur demeure encore souvent sous-estimé.
Autoportrait, Suzanne Valadon © Museum of Fine Arts, Houston
Tandis que le cubisme et l’art abstrait apportent un souffle novateur, elle défend avec ardeur la nécessité de peindre le réel. Le nu, féminin comme masculin, perdurera au centre de son œuvre, sans artifice ni voyeurisme, pour toucher au plus près de l’humain.
Ses débuts dans la vie ne sont pas simples. Sa mère, Madeleine Valadon, lingère, vit de peu et donne à sa fille, née de père inconnu, une éducation pauvre et sommaire. En 1870, elle s’installe à Montmartre pour y trouver – peut-être ! – la prospérité, travaillant le jour comme femme de ménage et le soir comme repasseuse. À Montmartre, une colline rurale où s’élèvent des bidonvilles, mère et fille vont vivre le siège de la guerre avec la Prusse ainsi que les frayeurs de la Commune. Faute de moyens, Marie-Clémentine quitte l’école très tôt. Indisciplinée, celle de la rue lui convient mieux… À l’âge de 11 ans, elle exerce déjà divers petits métiers : couturière, blanchisseuse, serveuse, marchand des quatre-saisons, tresseuse de couronnes mortuaires. Belle, sportive, fascinée par les écuyères et les trapézistes, elle apprend l'équitation acrobatique au Cirque Molier. Hélas, une mauvaise chute, à 15 ans, la contraint à renoncer et pendant sa convalescence, elle se met à dessiner.
Femme à son bain, Suzanne Valadon © Art Institute of Chicago
Repérée pour sa beauté prometteuse, elle intéresse les maîtres de Montmartre. Ils lui proposent, dès1880, de poser pour eux, elle accepte sans retenue. Grâce à son caractère bien trempé, elle s’assure leur respect. Tandis qu’elle aide sa mère en livrant chez ses clients le linge repassé, elle rencontre Pierre Puvis de Chavannes, peintre officiel, depuis longtemps établi et couvert de commandes monumentales. Aussitôt il tombe sous son charme et elle devient son modèle : « La journée terminée, souvent nous rentrions à pied de Neuilly. Il parlait doucement, lentement sans s’arrêter, bavardant de choses et d’autres. Je l’écoutais, marchant auprès de lui sans placer un mot ». Attentive et respectueuse du maître, soucieuse aussi de sécurité matérielle, elle devient sa maîtresse. D’autres hommes suivront : Pierre-Auguste Renoir, Henri de Toulouse-Lautrec, Jean-Jacques Henner, Gustav Wertheimer, Federico Zandomeneghi, Jean-Eugène Clary, Théophile Alexandre Steinlen ou encore Vojtěch Hynais. Désormais, elle se fait appeler « Maria ». Désirée de tous, elle découvre qu’offrir son visage, son corps, à la palette des artistes est un moyen intéressant de gagner sa vie. Elle confiera en 1925 son plaisir à poser pour Renoir : « Je posais tantôt habillée, en plein soleil, dans l'herbe, tête nue ou coiffée de chapeaux très fleuris. Tantôt nue. Ce fut une période très colorée ». L’enfant du quartier et de ses cafés devient le modèle favori de la bohème montmartroise qui l’attire par sa folie et ses excès si caractéristiques de la Butte, malgré une vie précaire. Durant ses séances de pose, entourée de ses nombreux admirateurs, elle cultive son talent pour le dessin, retenant un geste, une touche, un trait. Avec une acuité percutante, elle fouille la vie authentique du milieu artistique de Montmartre au bouillonnement créatif, ô combien inspirant. Elle observe des heures durant la technique de ceux qui l’immortalisent sur leurs toiles. D’humeur enjouée, elle a soif de vivre et rêve de réussite et parvient à s’imposer dans le milieu de la peinture où l’impressionnisme commence à interroger critiques et salons.
La joie de vivre, Suzanne Valadon © Metropolitan Museum of Art
Entre autres admirateurs et probables prétendants, il y a Miquel Utrillo, un aristocrate catalan. Étudiant, il découvre Montmartre et ses cabarets qu’il fréquente assidûment. Au Chat noir, il remarque Maria dont il devient l'amant. Bientôt lassé de leurs amours tumultueuses, il retourne à Madrid. Maria n’a que 18 ans lorsque son fils, Maurice, naît le 26 décembre 1883, 8, rue du Poteau à Montmartre. Il sera l’un des rares peintres célèbres de Montmartre qui y soit né. Il porte son nom – Valadon – puisqu’elle prétend ne pas connaître le père. « C’est un fruit de l’amour », comme elle dit, et comme elle le fut elle-même. À cette époque, elle fait des dessins, des portraits à la mine de plomb, au fusain et à la sanguine qui seront son activité principale jusqu'en 1909. En 1889, Miquel Utrillo devenu ingénieur, homme de lettres et journaliste critique d'art, reviendra à Paris en tant que correspondant du journal La Vanguardia pour l'Exposition universelle. Il rendra visite régulièrement à Maria et reconnaîtra Maurice comme son fils qui prendra en 1891 le nom de Maurice Utrillo Valadon.
Suzanne Valadon et son fils Maurice Utrillo, 1890, anonyme
Cependant les disputes entre les deux amants ne s’étant pas dissipées avec le temps, Miquel rompra définitivement avec Maria. Il partira à Chicago, pour participer à l'Exposition universelle de 1893. « Avec Miquel, j’ai vécu les meilleures années de ma jeunesse. À une époque où presque personne ne s’occupait de moi, lui m’encouragea, m’appuya et me soutint… De plus, il peignait, il dessinait… Nous vivions une vie d’art et de bohème », dira-t-elle plus tard.
En 1886, Maria et sa mère déménagent rue Tourlaque, dans la maison où Henri de Toulouse-Lautrec loue un atelier. Peintre du postimpressionnisme, illustrateur de l’Art nouveau et remarquable lithographe, il est considéré comme l’âme de Montmartre dont il sait si bien croquer la Bohème. Passionné de cirque depuis son enfance – son père l’y emmenait fréquemment – Toulouse-Lautrec fréquente régulièrement ceux de province itinérants ou ceux de Paris. En 1884, lorsqu’il cherche un modèle pour des scènes de cirque, tout naturellement il sollicite Maria, ancienne écuyère. Son modèle devient sa maîtresse et l’accompagne partout dans ses escapades nocturnes.
Le cirque, Suzanne Valadon © The Cleveland Museum of Art
Si tout oppose ce curieux couple qui vit chacun de son côté mais dans le même immeuble, ils ont un point commun : la peinture ! Parce qu'elle pose nue pour des peintres âgés, il la surnomme « Suzanne », en référence à l’épisode biblique de Suzanne et les Vieillards. Muse et maîtresse de Lautrec, désormais elle adopte ce nouveau prénom avec lequel elle signera sa première œuvre, un autoportrait au fusain et pastel. Dotée de cette nouvelle identité, Suzanne s’affranchit de Marie-Clémentine, de Maria, pour se réaliser en tant qu’artiste, sans jamais renier son passé. Lorsque Lautrec découvre, par hasard, quelques dessins faits chez elle, sur des coins de table, il l’encourage et lui conseille de les montrer à Edgar Degas. En fait, nul ne sait qu’elle dessine avidement depuis l’enfance. Degas, enthousiaste, est séduit tant par la femme que par son trait à la fois dur et souple et les lignes vives de ses esquisses. Impressionné par son tempérament de feu, il la surnomme « la terrible Maria » et s’écrie : « Ma fille, c’est fait. Vous êtes des nôtres ! ». Il lui achète ses premiers dessins et sera l’un de ses plus importants collectionneurs. Malgré leur relation de grande proximité, Suzanne n’aurait jamais posé pour lui, bien qu’elle fût son élève et sa protégée. Auprès de lui, elle acquiert un savoir-faire, notamment en gravure. Peu à peu la jeune femme rivalise de talent avec le maître et s’enflamme pour une carrière de peintre. En 1888, lorsque Toulouse-Lautrec apprend que Degas serait prêt à épouser Suzanne et qu’elle serait d’accord, indigné, il rompt avec elle et Suzanne tente de se suicider.
Désormais Suzanne affiche son style personnel sans jamais appartenir à quelque courant. Artiste résolument moderne, elle est consciente que son statut de femme peut être un frein tant à son épanouissement personnel qu’artistique. Sa proximité avec les grands noms de Montmartre, qui déjà la reconnaissent comme une des leurs, lui est essentielle. Au sein de leurs ateliers, elle perfectionne sa maîtrise du dessin mais ce n’est qu’en 1892 qu’elle s’essaiera à la peinture à l’huile. Femme de tempérament, artiste à part, impulsive, sans référence possible, elle est simplement un modèle devenu une artiste-peintre. Sa grande beauté, son esprit vif, fascinent et elle trouve aisément sa place au sein des artistes parisiens où elle se fait un nom. Natures mortes, bouquets et paysages surprennent par la force de leur composition et de leurs couleurs vibrantes. Inspirée par son entourage, sa mère et son fils lui servent de modèles. « Je peins les gens pour apprendre à les connaître ».
Erik Satie, Suzanne Valadon © MNAM
Installé depuis 1887 à Montmartre, Erik Satie est une personnalité excentrique, une figure musicale singulière de cette époque montmartroise. Le 18 janvier 1893, il rencontre Suzanne. Comme elle, il affiche un esprit indépendant, en marge des courants traditionnels. Tout à sa passion pour sa « Biqui » comme il l’appelle, il rédige des notes enflammées sur « Tout son être, ses beaux yeux, ses mains douces et ses pieds minuscules », et compose à son intention des Danses gothiques. Sa chambre est voisine de la sienne et il la demande en mariage après leur première nuit. Mais elle refuse et le quitte au bout de quelques mois, juste le temps pour Suzanne de peindre son Portrait d’Erik Satie. Brisé par cette rupture, il dira qu’elle le laisse avec « Rien, à part une froide solitude qui remplit la tête avec du vide et le cœur avec de la peine ». Satie compose Vexations, une œuvre pour piano dont l’interprétation varie entre 14 et 28 heures. Le motif musical et ses harmonisations sont répétés lentement 840 fois de suite, sans s’arrêter. Le titre énigmatique serait lié à sa solitude extrême et à son orgueil blessé après sa séparation houleuse avec Suzanne.
Après avoir exposé pour la première fois, en 1893, à la galerie Le Barc de Bouteville, galerie d'art parisienne d'avant-garde, Suzanne est reçue par la Société Nationale des Beaux-Arts en 1894 avec cinq dessins, lors d’un des rares salons parisiens ouverts aux femmes. Pour l’exposition de 1895, Degas engage Suzanne à soumettre ses dessins à Puvis de Chavannes. « Exposer à la Nationale, vous n’y pensez pas ! D’abord, de qui êtes-vous l’élève ? Vous êtes modèle, vous n’êtes pas une artiste », conteste-t-il avec virulence. Qu’importe son avis, Suzanne est reçue à l’exposition.
Suzanne devient la maîtresse de Paul Mousis, riche négociant en tissu, puis agent de change à la Banque de France, ami d’Erik Satie. Elle l’épouse en 1896 et s'installe avec lui 12, rue Cortot, en haut de Montmartre. Grâce à la stabilité financière de ce mariage, elle renonce (pour un temps !) aux amours sans lendemain et se consacre à la peinture, disposant enfin d’un atelier où elle travaillera jusqu’à sa mort. Dans cette vie rangée, sa carrière d’artiste connaît un essor. Maurice, son fils, qui vit auprès de sa grand-mère, quitte l’école en 1900. À treize ans, perturbé, il se sent rejeté par sa mère et devient insupportable et déjà il boit. Trois ans plus tard, il est interné à Sainte-Anne. À son retour, sa mère lui enseigne la peinture pour soigner sa schizophrénie. Rapidement son talent inhabituel est remarqué mais, en proie à des crises démentes liées à l’alcool, il continue à boire et son beau-père le met à la porte. Sa mère, consciente du talent de son fils, l’encourage à travailler. Elle l’assiste, le surveille afin d'éviter sa rechute. À partir de 1910, il vivra de sa peinture et produira des centaines de toiles en plusieurs décennies. À la même époque, Suzanne demande à André Utter, un ami de son fils, électricien et peintre amateur de 28 ans, de poser pour son tableau Adam et Ève où elle se représente en tant qu’Ève. Sur la toile, il se tient près d’elle au jardin d’Éden, joignant sa main à la sienne pour cueillir le fruit défendu.
Adam et Eve, Suzanne Valadon © MNAM.
Cette toile, éloquente est l’une des plus connues de Suzanne. En s’y mettant en scène, elle entre dans l’histoire de la modernité. Elle est la première artiste femme à avoir osé présenter un nu masculin ! Dans cette œuvre, au trait épais et expressif, qui choque par le sujet et la différence d’âge des deux amants, l’artiste réinvente audacieusement la relation du peintre à son modèle. Elle repousse les conventions et inverse les rôles traditionnels. Une relation amoureuse s’instaure entre l’artiste et son jeune modèle et les amants occupent l’atelier du 12, rue Cortot, juste en face de l’appartement de Paul Mousis. Blessé, ce dernier entame une procédure de divorce et en 1909 le couple se sépare après treize ans de mariage. Les frasques de Maurice, les dépenses excessives de Suzanne, ont vraisemblablement ébranlé leur couple, la séparation est devenue inévitable.
Cette même année, elle expose au Salon d'Automne à Paris dont elle sera Sociétaire jusqu'en 1933. En 1914, elle épouse André Utter et leur union houleuse durera près de trente ans. Suzanne, Maurice et André, connus pour leurs excentricités autodestructrices et scandaleuses, vont former la « trinité maudite », bohème et excessive. Si son œuvre recueille des critiques favorables, Suzanne vend peu, comparativement à son fils dont les peintures sont très recherchées.
Maurice Utrillo, Suzanne Valadon,
musée de Sannois (95), en dépôt au musée de Montmartre
.Mais son addiction à l’alcool génère de nombreuses désintoxications en institut dont il s’évade et Suzanne et Utter le ramènent chez eux, sans parvenir à l’empêcher de boire. Désormais Utter gère les affaires de Maurice et l’argent rentre au foyer. Le trio mène une vie de luxe grâce à la vente des tableaux de Maurice, jusqu’à acheter un château dans l’Ain. Mais le couple ne s’entend plus et Utter abandonne Suzanne pour s’installer dans un grenier rue Cortot.
Durant cette époque qui sera prolifique, elle oriente ses œuvres vers un plus grand naturalisme, comme dans La petite fille au miroir ou La tireuse de cartes. Elle n’a pas d’école inspiratrice, pourtant son trait appuyé et sinueux qui cerne les silhouettes rappelle celui de Cézanne, tandis que sa palette fauve évoque celle de Gauguin – une des rares influences qu’elle reconnaîtra.
La boîte à violon 1923, © MNAM
Les nus l’inspirent, féminins ou masculins, selon ses envies de création, qu’elle justifie par : « J’ai posé non seulement les femmes, mais les jeunes gars ». Elle a fait de Utter sa muse qui apparaît dans l’épique tableau Le Lancement du filet (1914), toile qui marquera la critique. Pour elle, peindre des nus c’est mettre en valeur des modèles, souvent anonymes, de tous âges et de toutes morphologies. Ce qui l’intéresse c’est capter la vérité de ces personnages, sans rien idéaliser ou cacher, dans la plus pure réalité, quelle que soit la situation dans laquelle ils posent. Avec son Autoportrait au miroir (1927), en se peignant à 62 ans, lasse, les traits tirés, les épaules affaissées, elle porte un regard sans concession sur son évolution physique. Dans son Autoportrait aux seins nus (1931), à l'âge de 66 ans, elle se décrit flétrie, abimée par le temps. Sa bouche est pincée mais son regard bleu pastel est perçant : « Il faut être dur avec soi, avoir une conscience, se regarder en face, Ce surplus, cette haine et cet excès d'amour, il faut le déverser ». La vérité sait être féroce mais Suzanne, sans tricher, jamais, la regarde en face et l’aborde dans sa plus grande liberté. « Il faut avoir le courage de regarder le modèle en face si l’on veut atteindre l’âme. Ne m’amenez jamais une femme qui cherche l’aimable ou le joli, je la décevrai tout de suite ». Elle sera une source d’inspiration pour des nombreuses artistes qui revisiteront l’art sous un angle plus féminin, voire féministe. « Mon œuvre ? Elle est finie, mon œuvre, et la seule satisfaction qu’elle me procure est de n’avoir jamais trahi ni abdiqué rien de tout ce à quoi j’ai cru », avouera-t-elle au poète Francis Carco en 1938.
En 1935, elle est hospitalisée pour une crise aiguë d’urémie. La veuve d’un banquier belge, Lucie Valore, ancienne sociétaire de la Comédie-Française, lui tient compagnie et lui propose d’épouser Maurice pour qui Suzanne s’inquiète. Le mariage est conclu mais malheureusement, les relations entre Suzanne et sa bru s’enveniment immédiatement. Abandonnée par Utter, séparée de son fils, elle s’enferme progressivement dans la solitude, mais fréquente régulièrement les bistrots. Elle y rencontre son dernier ami, le peintre Gazi qui la pousse à reprendre les pinceaux. C’est ainsi qu’elle participe aux expositions de groupe organisées par la Société des femmes artistes modernes, créée en 1931. Mais Suzanne va mal et sa production diminue. Victime d’une congestion cérébrale elle décède le 17 avril 1938 à Paris, éloignée des siens mais entourée de ses amis peintres, André Derain, Pablo Picasso, Georges Braque, et Georges Kars qui dessine son ultime portrait. André Utter organise les obsèques. Ne pouvant supporter la disparition de sa mère, Maurice, en proie à une crise nerveuse, refuse d’assister à son enterrement au cimetière parisien de Saint-Ouen, le 9 avril 1938. Il s’enferme dans son oratoire et prie toute la journée.
Femme libre, au parcours atypique, Suzanne Valadon a imposé son nom dans le milieu artistique et une époque dominée par les hommes. Les couleurs vives cernées d’un dessin ferme, les corps modelés vigoureusement, qui signent son style énergique, authentique et rugueux, lui ont valu d’être associée à une « mâle brutalité » et son tempérament indépendant perçu comme « absolument viril ».
Photo de l’atelier 12, rue Cortot © Hélène Tannenbaum
Dans son atelier-appartement, 12, rue Cortot, ancien haut lieu de Montmartre, elle a peint quelques-unes des principales toiles de son œuvre. L’atelier, resté à l’abandon pendant plusieurs décennies, a été reconstitué selon l’atelier d'origine par des mécènes du musée de Montmartre, puis a été inauguré en logement-atelier d’artiste-musée en octobre 2014. Il accueille de nombreuses œuvres de Suzanne Valadon, du matériel de l’artiste, des photographies, des meubles et objets d'époque. Plus connue pour ses frasques et ses amours tumultueuses, la muse autodidacte devenue artiste-peintre, fille du peuple montmartrois, nous a légué une œuvre remarquable, à l’image de son épopée romanesque : Cinq-cents toiles et trois-cents œuvres sur papier qui témoignent de courants inspirants de son époque et de sa liberté de peindre.
« J’ai dessiné follement pour que, quand je n’aurai plus d’yeux, j’en aie au bout des doigts » (Suzanne Valadon)
Sources :
Centre Pompidou
Archives of Women Artists, Research and Exhibitions (AWARE)
Arte.TV
Musée de Montmartre
Art Basel
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Catégorie : - Articles-Artistes
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